Plusieurs intervenants de la communauté internationale (ex. Diouf, A. 2008 in Ideas for Development) se sont levés pour réclamer d’une façon ou d’une autre que l’attention des dirigeants du monde (le G20 en particulier) ne soit pas seulement focalisée sur la crise financière actuelle. Les raisons qu’ils avancent nous semblent fondées, à savoir que la crise financière n’est pas la seule crise à résoudre. En effet, elle a été précédée par deux autres crises qui n’ont pas été résolues. Ces deux autres crises sont : (i) la crise de l’énergie, et (ii) la crise alimentaire. Aussi, la question du réchauffement de la planète ne doit pas être mise de coté dans la mise en œuvre des politiques publiques contre la récession. Une économie à forte dose d’écologie est, peut-être, la solution la plus durable à la crise financière.

De façon générale, la crise de l’énergie et la spéculation boursière sur les produits alimentaires figurent en tête de liste des causes de la crise alimentaire. La crise de l’énergie s’est manifestée par une montée vertigineuse des coûts de l’énergie qui avaient atteint les sommets que nous connaissons. La conséquence de cette montée des coûts de l’énergie a été l’augmentation des coûts des transports et la hausse progressive de la rentabilité des entreprises qui produisent les biocarburants à base de céréales. À ces deux éléments, vient se greffer l’augmentation de la consommation alimentaire mondiale. Une part faible de la crise alimentaire peut être attribuée aux aléas climatiques (catastrophes naturelles). Toutefois, une augmentation de cette part est à craindre puisse que, selon les experts, le réchauffement climatique accentuera la paupérisation des masses dans les années à venir. En témoigne le nombre grandissant de refugiés environnementaux (Philippines). À cette liste, il est intéressant d’ajouter la faiblesse des investissements agricoles dans les pays les moins avancés (PMA) depuis plusieurs décennies tandis que l’agriculture reste le secteur économique dominant dans ces pays. Un contraste qui fait de l’autosuffisance alimentaire un luxe inaccessible dans plusieurs pays pauvres notamment ceux d’Afrique subsaharienne.
Avenues de solutions
(i)Nous pensons que la solution à la crise de l’énergie sera trouvée en vulgarisant les nouvelles énergies propres (ex. éolienne, électricité et hydrogène pour le transport, solaire, etc.) qui viendront compléter les sources d’énergie existantes ou les remplacer, et par l’exploitation à plus grande échelle de l’une ou l’autre de ces sources. Tout dépend de l’importance que la question du climat aura dans l’Agenda mondial à venir. À ces énergies propres, il convient d’exclure les carburants produits à base de denrées alimentaires et de réduire, voire de supprimer, les subventions à leur développement. Cela évitera, peut-être, d’entrer en conflit avec toute solution à la crise alimentaire.
(ii)La solution à la crise alimentaire passe par l’abandon des biocarburants et la libération des surfaces cultivables occupées pour une plus grande production de denrées à des fins d’alimentation humaine. En plus, il faut que les pays qui possèdent des surfaces disponibles et cultivables puissent les louer à des pays en manque de terres cultivables comme la Chine. Cela pourrait générer des emplois agricoles qualifiés dans certains pays africains et asiatiques (déjà fait en Asie) et leur apporter des revenus supplémentaires pour mieux combattre la pauvreté tout en s’appropriant les technologies agricoles les plus modernes.
(iii) La solution qui nous parait la plus juste à cette crise financière doit contenir des mesures pour prévenir d’éventuelles crises énergétiques, alimentaires, et les colères de la nature à venir. Les guerres à venir doivent être évitées (car toute crise couve une guerre). Celles des dernières décennies menées par le Gouvernement américain figurent en tête de liste des causes de ce désordre financier.
Toujours au chapitre des solutions, nous pouvons citer les programmes de relance budgétaire qui sont mal coordonnés au niveau global (le retard des européens), les programmes visant à augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs (celui de Harper au Canada) et les divergences entre Européens et Américains. Au fait, tandis le couple américano-britannique, d’Obédience anglo-saxonne, veut reconduire l’ancien système, qui aurait fait ses preuves, tout en y apportant des corrections, le couple franco-allemand, d’Obédience européenne, prône une reforme complète du système financier international (nouveau Bretton Woods).
L’un des buts des politiques actuelles, c’est la lutte contre la déflation, la baisse du coût de la vie sur plusieurs trimestres. Certaines banques centrales notamment la Banque du Canada envisage même d’utiliser la planche à billet pour contrer la déflation. Bien que les revenus baissent partout et que des salariés acceptent des baisses de salaires pour sauver des multinationales comme Chrysler (EU-Canada, in France24), la déflation reste une chose à éviter pour ne pas saper l’effet des politiques de relances budgétaires qui ne tarderont à se manifester selon le FMI. Les politiques monétaires laxistes devraient continuer pour maintenir les prix à un niveau favorable aux mesures de relances en cours.
En outre, nous pouvons affirmer qu’il n’est pas possible que les paradis fiscaux disparaissent; les pays considérés comme des paradis fiscaux se sont alignés sur la vision anglo-saxonne quant à l’avenir du Système financier international (SMI). Ils n’ont donc pas à être inquiets car sous cette impulsion, le G20 veut lutter contre la crise sans reformer profondément le système financier qui l’a engendré. Néanmoins, ceux qui ont rêvé de la levée du secret bancaire international peuvent se réjouir dans la mesure où certains paradis fiscaux comme la Suisse ont été contraints par les pressions internationales (françaises par exemple) à publier une liste partielle des détenteurs de comptes bancaires jugés secrets. Rappelons que la Suisse, le Luxembourg, Principauté d’Andorre, le Liechtenstein, Monaco, plusieurs autres pays et Îles sont taxés d’être des paradis fiscaux (la liste des Paradis fiscaux,Investissements dans les Hedge funds).
Endettement et États fragiles
L’aide publique au développement (APD) est en baisse en particulier cette année 2009. Nous faisons cependant le constat que cette diminution des flux de l’aide international s’accompagne d’une augmentation des ressources du Fonds monétaire international (FMI). En effet, le FMI vient de voir ses ressources augmentées alors que plusieurs pays développés avaient annoncé au début de la débâcle financière une baisse de leur APD au pays en développement (PED). Il est claire que les pays vont plus s’endetter et pas seulement les pays pauvres.
Ce n’est pas pour rien que dans le livre des nouveaux engagements auprès du Fonds, on puisse désormais citer des pays au passé économique jadis enviable comme l’Irlande. Compte tenu de l’assèchement de leurs ressources en capitaux et du crédit, plusieurs pays de l’Europe de l’Est notamment la Hongrie, la Lettonie, la Roumanie, l’Ukraine et la Serbie (pour l’instant) ont sollicité une assistance du Fonds pour mieux faire face à la tourmente. Il n’est pas exclut que plusieurs PED et même certains pays émergents prennent de nouveaux engagements auprès du Fonds surtout si l’onde de choc de cette crise s’étale sur le moyen terme, c’est-à-dire les 1, 2 voire 3 années à venir. Si cela advenait, nul doute que la liste des États fragiles (en terme d’endettement et non en terme de développement ou de sécurité) va s’allonger alors qu’une autre crise semble se profilée à l’horizon, la grippe A H1N1 qui a déjà atteint 17 pays.
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Lire Que sont les “Hedge Funds” ? de la Rédaction de MoneyWeek.

